Ramzi Aburedwan, devenu musicien, chef d’orchestre, compositeur, pédagogue et militant, a passé son enfance dans un camp de réfugiés en Palestine – camp où sa famille fut obligée de s’installer en 1948. A l’image de nombreux enfants palestiniens, son enfance dans le camp a grandement été marquée par la violence de l’occupation durant la première Intifada (1987-1992). Dès l’âge de 8 ans, Ramzi prenait son vélo, dès l’aube, pour aller vendre le journal dans plusieurs quartiers de la ville ; puis, il troquait son vélo contre son sac pour se rendre à l’école. De retour chez lui, les récurrentes invasions israéliennes dans son camp le transformaient en vaillant défenseur de son lieu de vie avec les pierres comme seul moyen de défense contre les armes des soldats.

 Un jour, une des dames à qui il vendait quotidiennement le journal, le pousse à participer à un atelier de musique. De fil en aiguille, Ramzi se développe musicalement. Bénéficiaire d’une bourse d’étude miraculeuse au Conservatoire d’Angers, le quadragénaire, à cheval entre plusieurs cultures, s’est acquis une solide réputation d’instrumentiste avant de fonder Al Kamandjâti, ONG qui fait entrer la musique dans les territoires occupés et les camps du Liban. Il parcourt aujourd’hui le monde avec ses divers ensembles, lorsqu’il n’exhorte pas à l’autonomie et à l’espérance des milliers d’enfants sur sa terre natale.

 (Texte en partie rédigé par Edith Nicol)

Portrait de Ramzi Aburedwan