Ayant eu la chance de collaborer avec Eloi sur le projet El Faracha (le papillon), nous tenions à le mettre à l’honneur dans notre première newsletter en cette fin 2018. Il a pu trouver un moment de libre dans son agenda bien chargé pour nous proposer le portrait qui suit.

Cet entretien fut l’occasion de redécouvrir un grand artiste au cœur d’or. La musique n’a pas de frontières…

L’équipe du SRE

 

Né à Tournai (Belgique) en 1971, Eloi Baudimont est compositeur, arrangeur et chef d’orchestre.

De 1995 et 2008, il dirige La fanfare de Mourcourt. En 2007, il crée le spectacle Mali mali avec le griot malien Baba Sissoko. Depuis 2009, il dirige Le grand orchestre national lunaire de La Louvière et La fanfare détournée de Tournai.

Depuis 2013, sous le regard éclairé du philosophe Edgar Morin, Eloi co-dirige l’orchestre belgo-palestinien Al manara avec le musicien palestinien Ramzi Aburedwan. Ce projet a reçu le soutien et les encouragements de Roger Waters (Pink Floyd) et de Ken Loach.

Entre les banquets de Sainte-Cécile, les fêtes de village, les rives du Niger au Mali, Forest National, le théâtre San Carlo de Naples pour le bicentenaire de la naissance de Verdi, le festival d’Avignon et les 70 bougies du Roi Albert II au Palais Royal, Eloi Baudimont trimballe ses fanfares !

A côté des grands ensembles qu’il affectionne tout particulièrement, il compose de la musique pour le théâtre. Depuis 2010, il accompagne au piano l’humoriste Bruno Coppens et a reçu le prix du Hainaut des Arts de la scène.

 

Ses réflexions personnelles liées à  la coopération internationale

Les amitiés créées à travers les divers projets de coopération internationale sont la base primordiale des échanges. Dans le projet Al Manara, c’est l’amitié qui s’est installée entre Ramzi Aburedwan et moi-même qui l’a fait écouter ma fanfare et décidé de la faire tourner en Palestine. C’est comme ça que 100 musiciens belges se sont retrouvés impliqués dans la lutte contre le conflit israélo-palestinien. En effet, une centaine d’artistes hainuyers sont parus dans la presse en allant jouer dans les camps de réfugiés palestiniens.  Ce fut une expérience humaine inoubliable qui a démarré d’une rencontre entre musiciens belgo-palestinien. La Province de Hainaut plante la semence, les artistes cultivent cette relation jusqu’à la floraison du projet. C’est ce qu’on appelle l’effet boule de neige. Les projets artistiques liés à la coopération internationale démarrent tous d’une étincelle. La suite est menée à bien grâce aux relations qui en découlent.  

Sa philosophie

 « Faut pas jouer juste, faut juste jouer » c’est la devise qui me fait agir au quotidien.      

On parle beaucoup de la justesse des notes au détriment de la justesse de l’âme. Je dis toujours à mes musiciens amateurs que la technique est importante mais que la détermination l’est plus encore. La justesse du son est secondaire face à l’intention.

Son univers

Le théâtre, la chanson, la danse, le cirque, la télévision et les fanfares auxquelles j’essaye d’insuffler un répertoire tantôt festif et décoiffant, tantôt romantique et rêveur…

Ses valeurs

Fraternité – partage

Anecdote concernant l’orchestre belgo-palestinien Al Manara

En 2011, Yanic Samzun, Secrétaire Général de Présence et Action Culturelles, me téléphone et me demande si j’avais quelque chose de prévu la semaine prochaine. Et c’est là qu’il me dit : « Fais ta valise, je t’emmène en Palestine ». Ce fut mon premier voyage en Palestine et ma première rencontre avec Ramzi Aburedwan, Compositeur palestinien et Fondateur du centre musical Al Kamandjâti (le violoniste) dont le but est de faire connaître la musique classique aux enfants palestiniens les plus défavorisés. Un moment inoubliable empreint d’émotion et de partage.

 Ce qui m’agace : Ce qui m’agace c’est de constater que le monde tourne autour des riches. On fait tout pour que les riches s’enrichissent. On lutte contre la pauvreté mais en fait, c’est contre la richesse qu’on devrait lutter.  

Ce qui m’émerveille : La passion. J’adore les gens passionnés peu importe le domaine. On a tellement de chance dans la vie quand on rencontre un vrai passionné qui aime transmettre son savoir.

 

Livre : Sans hésitation « Corps et âme » (Body and Soul) de Frank Conroy sur la transmission de la passion.

Ce livre est l’histoire d’un homme dont la vie est transfigurée par un don. Son voyage, à l’extrémité d’une route jalonnée de mille rencontres, amitiés, amours romantiques, le conduira dans les salons des riches et des puissants, jusqu’à Carnegie Hall…

La musique, évidemment, est au centre du livre – musique classique, grave et morale, mais aussi le jazz, dont le rythme très contemporain fait entendre sa pulsation irrésistible d’un bout à l’autre du roman.

 

 

Œuvre musicale : Je choisirais « Les deux passions » de JS BACH qui ont grandement influencé le monde de la musique classique. Je dirais même que les passions ont chamboulé la musique en général.

 

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